Et si on utilisait les routes secondaires pour développer le réseau de voies cyclables ?
Le rêve de tous les cyclistes, c’est de pouvoir rouler sur une voie sécurisée, c’est-à-dire séparée de la circulation motorisée. En Bresse Bourguignonne la seule voie de ce type qui existe, c’est la voie verte qui relie Chalon-sur-Sâone à Lons-le-Saunier. Elle traverse le territoire d’ouest en est et je la vois comme une sorte de route express du vélo. Comme cela a été évoqué dans une précédente émission, cette voie verte a autant une fonction touristique qu’une fonction utilitaire, puisqu’elle dessert des zones d’activité comme par exemple la Zone Industrielle de Branges.
Si il est évident que cette voie verte est une chance pour le territoire, elle est cependant totalement insuffisante, puisque de nombreuses zones sont exclues. Je pense notamment aux parties Nord et Sud de la Bresse.
Le problème est que créer des voies sécurisées représente un investissement important. En effet un aménagement de voirie cyclable coûte plusieurs centaines de milliers d’euros pour simplement un km. Et bien évidemment, il faut en plus prévoir les charges d’entretien.
La conclusion qu’on peut facilement tirer, c’est que vu le contexte financier actuel, on ne va pas mailler le territoire avec des aménagements cyclables spécifiques.
Mais alors, me direz-vous, c’est fichu pour le vélo ?
La bonne nouvelle c’est que non il existe des solutions ou tout au moins des pistes.
Sachez qu’en France métropolitaine il y a 3 millions de km de routes, dont de nombreux petits chemins. L’idée serait de réaffecter une partie de la voirie pour la circulation des vélos. Dans le principe, les voitures seraient encouragées à emprunter les grands axes et les vélos eux seraient prioritaires sur les petites routes. On pourrait même réserver certaines sections aux vélos et autoriser la circulation uniquement pour les riverains ou les engins agricoles.
Ce principe est appelé « le partage des voies », on rééquilibre l’utilisation des routes. La voiture, sans être bien évidemment bannie, perd son statut hégémonique sur certains tronçons.
Une étude a montré que réaffecter seulement 3,5% de ce réseau routier, donc 3,5 % des 3 millions de km, suffirait pour relier les communes principales sur les territoires périurbains et ruraux.
Cette réaffectation aurait un coût mais il serait très inférieur à celui d’un maillage avec des voies créés spécialement pour le vélo. De plus cette solution serait plus respectueuse de l’environnement car elle éviterait l’artificialisation des sols.
Pour conclure, je dirais que cette approche, qui consiste à requestionner le partage de la route, demande d’une part un changement de vision des politiques et d’autre part un changement de comportement des usagers. Notons enfin qu’il est important d’expliquer et de mener des concertations avec les habitants, les riverains et les agriculteurs concernés par les projets.
Si le sujet vous intéresse, vous pouvez regarder ce qu’a fait le département de la Corrèze, un des départements pionniers en la matière. Le projet s’appelle les Voies Vertes Pâles. Vous pouvez également visionner sur YouTube l’épisode intitulé « La Corrèze » et publié dans la série « La France Cyclable », proposé par le vélo-reporter Jérôme Zindy.